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Chroniques cinéma par Franck Finance-Madureira
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Festivals et Evénements | 20.09.2011 - 14 h 12 | 2 COMMENTAIRES
CHRONIQUES D’UN JURE LISBOÈTE, EPISODE 5 : UNE NOUVELLE EXPRESSION

Ce quatrième jour de festival aura été marqué par un nouveau gimmick, une nouvelle expression qui va faire des ravages chez tout ceux qui verront le documentaire « Shut Up Little Man ! » (Affiche ci-contre).  Ce documentaire sous-titré « an audio misadventure » se penche sur une histoire drôle (à hurler de rire parfois !) et tragique. Je vous la fait courte : deux potes de lycée viennent s’installer à San Fransisco et découvrent avec effroi que leur deux voisins passent leur temps à picoler et à s’engueuler. Eddie et Mitch prennent alors l’habitude d’enregistrer les engueulades hautes en couleur de leurs voisins Raymond Huffman, homphobe convaincu et Peter Haskett, folle qui ne manque pas répondant et auteur du désormais célèbre « Shut Up Little Man ! » (Message personnel : ceux qui me connaissent n’ont pas fini de m’entendre leur fermer le clapet avec le nouvelle expression favorie !). Célèbre en effet, puisque les enregistrements vont devenir le premier buzz viral de la pop-culture et de l’ère pré-internet. Les cassettes font le tour des Etats-Unis et « Shut Up Little Man! » devient une BD, un spectacle de théâtre. Trois projets d’adaptation seront même lancés dont l’un aurait vu s’affronter dans les rôles principaux Brando et Nicholson. La première partie du doc est vraiment réussie et provoque de nombreux éclats de rire mais la deuxième entre dans les problèmes de droits, de copyright, du business occasionné par ces enregistrements et le tout perd un peu de son charme. Ajoutons à cela un regard un peu complaisant sur ces pauvres bougres et leur « relation » supposée et un faux suspense sur la sexualité des deux étudiants-auteurs des enregistrements et vous aurez au final, un objet documentaire un peu inégal. Mais resteront les phrases savoureuses de ces « fights » verbaux quotidiens : « If you wanna talk to me, shut your fucking mouth up !

Moins surprenant le deuxième doc de la journée est consacrée à la prostitution masculine autour de la gare de Berlin. « Die Jungs Vom Bahnhof Zoo (Rent Boys) » est une réalisation de Rosa von Praunheim, célébré dans les festivals queer du monde entier. Malheureusement, comme très souvent dans les documentaires sur la prostitution, ne témoignent que des personnes (en l’occurrence, ici, des garçons) contraintes d’exercer ce métier (enfants battus, immigrés précaires, junkies, …) ce qui me semble toujours relativement réducteur. Seule originalité du propos : les témoignages de clients qui apportent un éclairage nouveau rarement observé sur le sujet.

A la rencontre des membres du jury

Claudia Mauti (Mix Milano Festival) : »je suis une lesbienne professionnelle »

J’avais promis de vous en dire un peu plus sur mes co-jurés, voici donc quelques mots échangés avec Claudia Mauti du festival « Mix Milano », membre du jury « documentaires » du Queer Lisboa Festival. Petite interview réalisée dans une langue propre aux rencontres festivalières qui jongle entre français, italien et anglais !

Peux-tu nous parler de toi, Claudia ?

J’ai 40 ans, je vis à Bologne où je suis arrivée quand j’avais une vingtaine d’années parce que le mouvement gay et lesbien y était plus important et que je souhaitais m’investir. C’est pourquoi je dis toujours que je suis une lesbienne professionnelle car tout ce que j’ai fait a toujours été lié à la communauté ! J’ai travaillé au centre LGBT, à la bibliothèque LGBT, comme DJ dans des soirées lesbiennes, et j’ai débuté comme traductrice en 1997 pour le festival gay et lesbien de Milan. Je suis maintenant programmatrice de ce qui s’appelle désormais « Mix Milano » , je continue à mixer et j’ai une émission de radio sur la musique. Je vis encore comme une adolescente !

Tu es ici comme membre du jury pour les documentaires, qu’est-ce qu’un bon documentaire pour toi ?

J’aime les documentaires qui sont un bon moyen de parler du passé, des problèmes et des luttes de la communauté et également de rencontrer des personnages et des situations. Je pense qu’un documentaire demande plus d’attention qu’une fiction. Sa longueur parfaite se situe entre 57 et 62 minutes (rires …). J’aime les contenus politiques sur les droits car même si nous vivons dans un monde occidental, nous avons encore des combats à mener et des questions à se poser ! J’aime beaucoup les docs sur les personnages lesbiens car l’homosexualité féminine a souvent vécu dans l’ombre. Je crois que c’est très difficile de réaliser un documentaire : on doit sélectionner, être un bon monteur, assembler images, mots et musique, réussir à donner le temps pour assimiler le sujet et parfois, cela n’apparait pas vraiment s’il y a trop de parole et pas assez de narration.

Tu as quelques exemples de documentaires qui t’ont plu ces dernières années  ?

J’ai beaucoup aimé « Lagerfeld Confidentiel » (NDLA : documentaire de Rodolphe Marconi, 2007) parce que j’y ai vraiment découvert un personnage. Pour le contenu « émotionnel », j’ai aimé « Edie & Thea » (NDLA : sous-titré  » A very long engagement », c’est l’hsitoire d’un couple lesbien new-yorkais sur plus de 40 ans, le doc réalisé en 2009 par Susan Muska et Greta Olafsdottir a reçu de nombreux prix dans le monde).

LES réactions (2)
CHRONIQUES D’UN JURE LISBOÈTE, EPISODE 5 : UNE NOUVELLE EXPRESSION
  • Par Red 20 Sep 2011 - 21 H 50

    Note pour plus tard : regarder Edie & Thea. Merci pour ces découvertes.

     
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