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Chroniques cinéma par Franck Finance-Madureira
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Festivals et Evénements | 21.09.2011 - 18 h 50 | 2 COMMENTAIRES
CHRONIQUES D’UN JURE LISBOÈTE, EPISODE 6 : I AM, ROMEOS & LITTLE JOE

Un documentaire indien suivi d’une incursion dans la fiction et d’une rencontre avec le créateur de la revue « Little Joe », c’est le programme de cette sixième chronique lisboète.

Jolie découverte dans la compétition des documentaires, « I am » de la réalisatrice Sonali Gulati se penche sur les relations entre les lesbiennes (principalement mais pas exclusivement) et leurs mères. Sonali Gulati revient dans sa ville d’origine, New Delhi après dix ans passés aux Etats-Unis, à l’occasion du décès de sa mère avec qui elle n’a jamais réellement parlé de son homosexualité, de sa compagne. Elle va donc sonder un peu la façon dont cela a pu se passer entre quelques homosexuels et leurs mères dans ce pays où le mariage est plus qu’une institution, un but dans la vie.

Impliquée personnellement et émotionellement dans son sujet, elle parvient à filmer de jolis moments, à obtenir des témoignages sincères, drôles et émouvants, des séquences de comédie pure (quand elle se fait lire les lignes de la main ou se fait prescrire un traitement pour devenir hétéro) et va même jusqu’à raconter son histoire sur le plateau de l’ « Oprah Winfrey » locale.

Ce documentaire simple, à la première personne, est vraiment très réussi dans ce qu’il dit de la société indienne sans la juger et dans ce qu’il a de fondamentalement nécessaire dans le parcours de vie de sa réalisatrice.

Programme peu chargé pour la section « doc », j’ai donc pu faire une petite incursion dans la sélection des fictions et assister à la projection du film allemand « Romeos » (qui fera l’ouverture du festival bruxellois « Pink Screens » en novembre). Un film un peu « teenage romance » sur un sujet passionnant. Le héros du film est un jeune transexuel F to M, Likas, qui se retrouve dans une sorte de pensionnat pendant son service civil. Il y côtoie sa meilleure amie, détentrice de son secret, mais se retrouve malgré lui logé dans le dortoir des filles puisque son état civil ne correspond pas à celui qu’il est, tout comme cette poitrine qui l’encombre et l’empêche de vivre ses amours.

Détail important : Lukas est gay, mais à part une remarque de sa BFF lesbienne (« Si tu aimes les mecs, pourquoi tu ne restes pas une fille ! »), le sujet de la différence entre genre et sexualité n’est que très peu abordé au profit d’une romance un peu convenue. Reste la performance du jeune comédien qui interprète Lukas, Rick Okon, qui est stupéfiant de crédibilité et réussit la prouesse de plaire à la fois aux filles et aux garçons du public majoritairement homo du festival !

La soirée s’est bien terminée puisque j’avais l’honneur d’accueillir les organisateurs et invités du festival ainsi que la presse pour un Queer Palm Cocktail organisé dans mon bar lisboète préféré, « Le Marais », et dans lequel Stéphane et Bruno attendaient la petite troupe avec soupe de champagne et délicieuses pâtisseries « maison ».

A la rencontre des membres du jury

Sam Ashby (Little Joe) : »les gens ont établi une relation personnelle avec la revue »

Petit entretien avec Sam Ashby, juré dans la section « fiction » et créateur de la revue queer et cinéma « Little Joe« , déjà culte dans le milieu des aficionados du cinéma gay.

Sam, parle-nous un peu de toi et de l’idée de créer « Little Joe » ?

Mon métier, c’est graphiste et je l’exerce depuis six ans spécifiquement dans la création d’affiche de cinéma. J’ai créé ma société il y a deux ans et je travaille sur des affiches pour le cinéma indépendant européen principalement. Cela fait longtemps que je pensais à créér un jour un magazine et, un soir de cuite avec des amis, après avoir vu « Flesh », j’ai su ce que je voulais faire : une revue qui parle des films que j’aimais. Le premier numéro est sorti en mai 2010 et il a fallu presque un an et demi pour le mettre en forme. Nous avons mis seulement neuf mois pour le numéro 2 et le numéro 3 sortira cet automne après sept mois de travail.

Et la revue a été très bien reçue !

Oui, c’est incroyable mais les gens ont établi une relation presque personnelle avec la revue. Le premier numéro a été épuisé au bout de six mois. J’ai rencontré des gens du monde entier, des contributeurs. C’est extraordinaire. D’ailleurs pour le numéro 3, j’ai eu la chance d’interviewer Céline Sciamma (NDLA : « Tomboy » est sorti à Londres ces jours-ci) !

Comment lire « Little Joe » quand on vit en France ?

Il n’y a qu’un point de vente, à Paris, chez Yvon Lambert (NDLA : 108, rue Vieille du Temple dans le 3ème arrondissement) mais on peut le commander en ligne sur littlejoemagazine.com. Et, après avoir lancé des projections mensuelles à Londres, nous sommes en train de travailler sur le site pour qu’il ait son propre contenu.

Des projets ?

Je réfléchis en ce moment avec un ami sur l’idée de lancer un magazine sur la musique !

 

 

 

LES réactions (2)
CHRONIQUES D’UN JURE LISBOÈTE, EPISODE 6 : I AM, ROMEOS & LITTLE JOE
  • Par Red 22 Sep 2011 - 10 H 48

    Ah, cool, je jetterais bien un coup d’oeil sur ce nouveau magazine 🙂

     
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