790 CHRONIQUES D’UN JURE LISBOÈTE, EPISODE 8 : EPILOGUE | NO POP-CORN LAST NIGHT

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Chroniques cinéma par Franck Finance-Madureira
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Festivals et Evénements | 01.10.2011 - 15 h 22 | 0 COMMENTAIRES
CHRONIQUES D’UN JURE LISBOÈTE, EPISODE 8 : EPILOGUE

Enfin l’épilogue de cette série de chroniques lisboètes : au menu, le dernier doc de la sélection, le palmarès et une rencontre avec Beatriz Batarda, membre du jury et  grande comédienne très respectée au Portugal.

Le festival s’est terminé avec la projection, pour la partie documentaires, du très beau film « We were here » de David Weissman qui se concentre sur les témoignages de quatre gays et d’une infirmière qui ont vécu les « années sida » de l’intérieur de la communauté homosexuelle de San Francisco. Courant jusqu’au milieu des années 90, ce documentaire est d’une grande sobriété alignant témoignages bouleversants et pudiques et images (photos la plupart du temps) d’époque. Mais le jury documentaire n’a pas choisi ce film pour l’attribution de son prix. En effet, nous avons décidé de privilégier le point de vue personnel, le côté « journal intime » du film indien  » I am here » de la cinéaste lesbienne et féministe Sonali Gulati (photo ci-contre). Le prix « film de fiction » a été attribué au film brésilien  « Rosa Morena » Carlos Oliveira qui dresse le portrait sans concession d’un gay danois qui vient au Brésil pour tenter d’adopter un enfant. Jouant à fond la carte de l’opposition quasi frontale de la vision d’un européen et de la vie dans les quartiers difficiles du Brésil, le film esquisse de jolis portraits mais s’alourdit d’une fin un peu trop « idéale ».

Le prix du meilleur acteur a été décerné au comédien chilien Roberto Faria pour sa performance dans « My last round » de Julio Jorquera et celui de la meilleure actrice à l’allemande Corinna Harfouch pour son rôle dans « Looking for Simon » de Jan Krüger.
Enfin, le prix du court-métrage, remis à l’issue d’un vote du public, a récompensé un autre film brésilien « I don’t want to go back alone » de Daniel Ribeiro qui raconte avec délicatesse les désirs d’un ado aveugle et qui récolte une note moyenne de 8,7 sur 10 calculée avec les bulletins rendus par le public à l’issue de toutes les projections de court-métrages.

Pour finir en beauté ce très beau quinzième anniversaire du Queer Lisboa Festival, une petite interview de Beatriz Batarda, comédienne portugaise figure la plus célèbre du jury. Souvent récompensée dans son pays, cette actrice enchaîne films indépendants portugais et pièces de théâtre. Elle prépare actuellement le rôle de Carmen dans « Le Balcon » de Genet et prévoit de mettre en scène « Comme vous voulez » de Shakespeare en … 2013. Elle me répond dans un français parfait …

Beatriz, peux-tu te présenter aux lecteurs de Yagg ?

Je suis comédienne sans l’avoir choisi, j’ai fait un premier film à 12 ans avec Joao Botelho puis un autre à 17 ans avec Manoel de Oliveira et depuis, malgré le désir de travailler dans le graphisme que j’ai étudié, j’ai continué à faire des films et du théâtre depuis plus de 20 ans. A 23 ans, j’ai assumé le fait d’être comédienne, je suis « sortie du placard » ! Et j’ai étudié le théâtre à Londres. Sinon j’adore cuisiner et suis une maman dévouée !

Le cinéma, son financement, tout cela est encore un peu compliqué au Portugal, non ?

Oui ! En général, je suis contactée au tout début d’un projet et il est fréquent qu’on me demande un engagement écrit pour aider au financement et solidifier le budget. Le Portugal est un très petit pays avec une population réduite donc un public réduit. Mais c’est un pays idéal pour faire naître des regards d’auteur plus expérimentaux. Mais nous avons besoins d’un état qui s’engage dans l’identité culturelle cinématographique du pays. Cela a toujours été dur, aujourd’hui, c’est effrayant ! On produisait jusqu’à 10, 12 long-métrages de fiction par an, maintenant on est à 3 ou 4 ! Il nous faut donc développer les coproductions, notamment en mettant en avant le fait que le Portugal est un pays idéal pour tourner un film.

Pour ceux qui ne connaissent pas ta carrière, quels films nous conseillerais-tu ?

« Quaresma » (Carême) de José Alvaro Morais (2003), ou « Noite Escura » (Nuit obscure) de Carla Pinto (2004), mais aussi « A Costa dos Murmúrios » (la Côte des murmures) de Margarida Cordoso (2004)  et « Cisne » (Cygne) de Teresa Villaverde qui était présenté cette année au Festival de Venise dans la section « Orrizonti ».

Comment as-tu réagi quand on t’a proposé de participer au jury du Queer Lisboa Festival ?

J’adore les jurys ! Mais souvent je n’ai pas la possibilité de me libérer car je joue au théâtre. Etre ici à Lisbonne, dans la ville où je vis, c’est beaucoup plus facile et j’ai découvert de nombreux films que je n’aurais peut-être jamais vu autrement. J’avais un peu peur que la thématique « queer » limite à un certain type de film mais la sélection était extrêmement variée et réjouissante. J’ai eu de très belles surprises,

Et cela est de l’ordre de l’engagement pour toi ?

Je suis né dans une famille très libre, mon père est peintre et ma mère psychothérapeute, ils ont toujours eu beaucoup d’amis homosexuels et cela n’a jamais été un problème. Ma mère a épousé en seconde noce, un homme en fauteuil roulant, la différence, j’ai grandi avec. Je n’ai pas envie d’exposer un engagement ou de travailler mon image, c’était juste un geste naturel d’être présente ici. Même si je pense que les couples homos doivent avoir exactement les mêmes droits que les couples hétéros, je suis persuadé qu’il y a aussi des modèles à réinventer et pas nécessairement en se calquant sur l’existant. Mais le droit au choix, c’est essentiel !

 

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